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Posted: 1 Jul, 2019 @ 3:51pm

En bref
Un jeu absolument charmant, des graphismes mignons tout plein, une histoire tout de même très sombre, une prise en mains exemplaire.

Plus en détails
Iconoclasts charme instantanément avec ses graphismes pixels très soignés, sa prise en mains quasi parfaite, son personnage principal Robin, la jeune et gentille mécanicienne, et ses musiques très plaisantes. Il met en confiance avec ses niveaux construits de manière assez classique pour un Metroidvania, mais particulièrement efficaces pour signifier que tel endroit sera accessible plus tard. Il étonne avec ses personnages bien écrits, aux personnalités classiques mais variées. Il surprend par son histoire, qui commence fort mal avec un dictature religieuse, et qui va de mal en pis.

C'est étonnamment compliqué de parler de ce jeu, en particulier si on lui a accordé l'empathie qu'il mérite, car il ne nous la rend pas. Fruit d'un développement apparemment compliqué, cela semble s'être reflété dans le scénario, qui laisse un goût âpre voire amer malgré l'enrobage tout sucré.

Car regardez ses graphismes ! Les couleurs sont vives, explosent ! On croirait un magnifique jeu de l'époque des consoles 16 bits. Les animations sont de qualité. En particulier l'héroïne, qui a souvent des poses très rigolotes. Elle-même a un côté très mignon et même, soyons fous, choupi, dans ses mimiques et sa manière de ne s'exprimer non pas par des dialogues mais uniquement par des icônes comme 🌼 ou ❤️.

On découvre et on traverse donc le monde à travers les yeux innocents de la jeune fille qu'elle est. Sauf qu'une fois passés les classiques environnements de campagne avec quelques petits monstres ici ou là, et qu'on se retrouve face à la brutalité militaire, cela crée un décalage qui va en grandissant. Robin reste la même, sans que ce qu'il se passe semble avoir de prise sur elle. Des choses horribles arrivent à des gens qui ne semblent pas le mériter. De nombreux personnages meurent, dans certains cas de manière très violente.

C'est certainement un sentiment très variable suivant les joueurs et joueuses, mais un malaise, créé par la dissonance entre le côté mignon des graphismes et le côté terriblement sombre de l'histoire, peut se faire jour vers la moitié du jeu. Cela s'amplifie sur le dernier quart du jeu, aussi brutal que cryptique. En particulier cette partie sur la lune qui a marqué de nombreuses personnes, et qui se demandent pourquoi le développeur nous impose une scène aussi délibérément atroce, sans justification scénaristique.

Ce moment, ainsi que la série de combats intérieurs de Robin, traduisent probablement les affres, les tourments du développeurs durant la (trop ?) longue gestation du du jeu. On est navré pour lui, mais il est difficile de comprendre une telle absence d'espoir, de rédemption pour autant de personnages. Ce d'autant plus que la fin n'apporte qu'une maigre consolation, le monde enfin libéré nous restant inaccessible : impossible de retourner dans les environnements pour contempler le travail accompli. Aussi peu de positif après autant de peine, cela fait plutôt cher payé.

Malgré ces gros bémols, il est néanmoins difficile de ne pas recommander Iconoclasts, car c'est tout de même un jeu globalement agréable à parcourir, avec des mécaniques bien huilée, et qui peut se terminer sans être un as de la manette. Dernière mise en garde : il n'est pas pour les enfants ! Explosion, bras arraché, mutation monstrueuse, cadavres dans tous les sens. Pour un jeu en apparence aussi mignon, le côté gore peut laisser pantois, et le destine clairement à un public averti.

Et on a surtout envie de faire un gros câlin au développeur, et lui souhaiter que son prochain jeu lui demandera moins de temps et de santé mentale.
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