Lurek Selturus
France
Review Showcase
Au fond, créer un bon jeu, c'est un peu le même procédé que créer un cocktail. Il y a trois points essentiels.
-Savoir ce que l'on veut à la fin
-Choisir les bons ingrédients
-Bien les doser.

La chose requiert pas mal de pratique, surtout quand l'on tente de sortir du lot.
Donc, si on regarde un peu, un bon Fallout, c'est une bonne dose d'ambiance post-apo', deux cuillères de musique des années 30-40, un bon demi verre de dialogues et enfin, une cuillerée d'ambiance un peu barrée.
Un bon Call Of Duty, en revanche, se fait avec une recette bien plus simple. Prenez une bouse séchée, mixez là un peu, servez dans un beau verre "Season Pass".

Là, devant Va-11 Hall-A, on est face à un cocktail..pour le moins original mais surtout, incroyablement réussi. Prenez un VN, ajoutez y un gameplay original, en petite dose, rajoutez un bon tier de dialogues à la fois drôles et captivant. Mettez 5 bonnes cuillères de personnages attachants avec une histoire profonde. Enfin, rajoutez un univers à la fois sombre et intéressant. Maintenant, mélangez le tout, servez dans le plus beau verre cyberpunk que vous puissiez trouver, givrez le verre avec une excellente soundtrack, vous pouvez servir.

Oui je sais, cette introduction est troublante, c'est pourquoi, je vais m'étendre un peu. Va-11 Hall-A, que nous allons nommer Valhalla parce que ce serait un crime que ne pas relever la blague, pourrait être décrit comme étant un VN au parti pris assez intéressant que de ne pas proposer de simples choix venant influencer les dialogues et les relations, mais simplement, un petit jeu dans lequel, vous préparez un cocktail. Un cocktail ? Remettons dans le contexte.
Vous êtes Jill, mixologiste d'un petit bar dans un quartier mal famé d'une énorme cité dystopique, corrompue par les grandes sociétés et par la criminalité, une cité ou reigne la terreur des "White Knights" (Sorte de milice de soldats augmentés), enfin, cité cosmopolite ou cohabitent humains, cyborgs et androïdes.
Si un tel univers aurait pu simplement se contenter d'être exploité comme tel, les développeurs de Subekan Games, ont su non se focaliser sur la ville, mais sur les habitants, dans leur activité la plus commune, à savoir, se payer un bon verre dans un bar, histoire d'oublier les soucis. Et vous, votre travail, ça va bel et bien être que de servir les clients.

Et c'est là que le jeu prend son sens, vous cherchiez un simulateur de mixologie ? Passez votre chemin, ici, le jeu tente (et parvient) réellement que de se focaliser sur les personnages sur ce qu'ils les rends si vivants, Tout le point du jeu, est réellement que de se méler, que de découvrir la vie parfois si éreintante des personnages, parfois troublante lorsque l'on s'identifie aux problèmes d'un des personnages, quand on se rend compte, que cet univers dystopique dans lequel nos personnages évoluent, reste un univers vivant dans lequel, les gens vivent une routine et subissent eux aussi, des histoires arrivant à vous et moi. Le tout est de savoir exploiter l'univers de manière différente, en utilisant le cyberpunk comme un cadre de vie et non comme le sujet principal de l'histoire. Et c'est là que la subtilité, et surtout, l'ambiance du jeu devient réellement prenante, et l'on se rend compte qu'avec un gameplay tout simple basé sur le mélange de 5 ingrédients et d'un guide de coktails mais une écriture fantastique, le jeu parvient à sortir du simple amusement. Valhalla, à ce moment, devient une expérience de vie inoubliable, pleine de vie ce malgré une dystopie pesante, froide. Valhala est un jeu profondément humain.

Bon, ici, je vais devoir spoiler pour m'étendre sur un point du jeu, alors j'invite tout les nouveaux, à passer ceci et à direct passer à la conclusion, spoiler free.

Tout au long du jeu, je me suis dit, que le véritable intérêt du jeu résidait vraiment dans les personnages qui venaient dans le bar, ce n'est que peu à peu que je me suis rendu compte, que là, je manquais bien la moitié du jeu, en effet, j'avais oublié un personnage. Jill. Parce que c'est le personnage que le joueur incarne, celui ci à tendance à ne pas voir que celui ci à une histoire propre, intervenant plus profondément. Ben oui, c'est tout con mais on s'attend souvent pas à ce que l'histoire se base sur le personnage censé être justement le recueil des histoires, ici, le barman. Tiens, exemple comme un autre, la scène ou Alma prend la place de Jill au comptoir, met réellement en avant l'idée selon laquelle Jill soit un personnage à découvrir, un personnage plein, un véritable personnage.
Et merde, quelle histoire ! Le choc qu'induit Gabriella et son annonce, annonce avec un effet double, à la fois, parce que c'est assez important comme chose, que la mort de son ex, mais aussi, comme je l'ai dit, parce que l'on ne s'attend pas vraiment à voir l'histoire de Jill travaillée à ce point.


Conclusion

C'est simple, j'ai rarement vu un jeu aussi prenant, drôle mais surtout, vivant. Avec son univers équilibré, ses graphismes et sa bande son, Valhalla parvient le coup de maître que de parvenir à créer un univers "sombre" sans tomber dans le réchauffé. Par ses personnages et leurs histoires, je me suis réellement sentit impliqué dans leur vie et la fin, a eu pour moi comme un goût de regret amer, celui que d'avoir terminé ce que je n'hésite pas à apeller un Chef d'Oeuvre.

Note 95/100 Une perle dans le monde vidéoludique, à la fois captivant et passionant. Un jeu honnête se terminant en environ 12 heures, 12 heures, que vous risquez difficilement de regretter.

ATTENTION : Le jeu est en anglais, une bonne connaissance de la langue est requise, aussi, il aborde des sujets pas mal trash, alors à déconseiller aux trop jeunes.
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