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J’ai les mots qui s’usent,
Pourtant j’ai tant de pensées
Que le silence emporte.
Souvent je m’exprime mal
Dans le verbiage de mes défauts,
Mais toujours avec mon cœur
Je cherche à t’atteindre.
— Stéphen Moysan,
Un autre monde est possible
Alchimie de l’amitié
Rayonnant dans mon âme
Le trésor vrai d’être aimé
Plus que tout est le charme
De cette joie qui enflamme
La nuit, si belle à mes yeux
Une poésie vole en éclats
C’est un constat fabuleux
Mes amis brûlent d’un feu
Que le grand soleil n’a pas !
— Stéphen Moysan
Efflorescence d'un adieu
Il faut, dans ce bas monde, aimer beaucoup de choses,
Pour savoir, après tout, ce qu’on aime le mieux,
Les bonbons, l’Océan, le jeu, l’azur des cieux,
Les femmes, les chevaux, les lauriers et les roses.
Il faut fouler aux pieds des fleurs à peine écloses ;
Il faut beaucoup pleurer, dire beaucoup d’adieux.
Puis le coeur s’aperçoit qu’il est devenu vieux,
Et l’effet qui s’en va nous découvre les causes.
De ces biens passagers que l’on goûte à demi,
Le meilleur qui nous reste est un ancien ami.
On se brouille, on se fuit. Qu’un hasard nous rassemble,
On s’approche, on sourit, la main touche la main,
Et nous nous souvenons que nous marchions ensemble,
Que l’âme est immortelle, et qu’hier c’est demain.
— Alfred de Musset (1810-1857)
Poésies nouvelles
Des nuages de la vie
Elle goutte à goutte
La tristesse flaque de pluie.
Mais si un ami soleil
Parole au vent nouveau -
L’espoir nous arc-en-ciel
Couleurs des jours plus beaux.
— Stéphen Moysan
Elles sont les charmant(e)s jardinier(e)s par qui nos âmes sont fleuries.
Marcel Proust
Oh, summer has clothed the earth
In a cloak from the loom of the sun!
And a mantle, too, of the skies' soft blue,
And a belt where the rivers run.
And now for the kiss of the wind,
And the touch of the air's soft hands,
With the rest from strife and the heat of life,
With the freedom of lakes and lands.
I envy the farmer's boy
Who sings as he follows the plow;
While the shining green of the young blades lean
To the breezes that cool his brow.
He sings to the dewy morn,
No thought of another's ear;
But the song he sings is a chant for kings
And the whole wide world to hear.
He sings of the joys of life,
Of the pleasures of work and rest,
From an o'erfull heart, without aim or art;
'T is a song of the merriest.
Paul Laurence Dunbar
1872 –1906