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Je cheminais au bord du doux fleuve attiédi
Où se réfléchissait la fuite d’un nuage.
Je suivais lentement le chemin de halage
Tout en fleurs, qui descend en pente vers les eaux.
Des peupliers à droite, à gauche des roseaux;
Devant moi, les détours de la rivière en marche
Et, fermant l’horizon, un pont d’une seule arche.
Le courant murmurait, en inclinant les joncs,
Et les poissons, avec leurs sauts et leurs plongeons,
Sans cesse le ridaient de grands cercles de moire.
Le loriot et la fauvette à tête noire
Se répondaient parmi les arbres en rideau;
Et ces chansons des nids joyeux et ce bruit d’eau
Accompagnaient ma douce et lente flânerie.
Extrait de François Coppée, Le Cahier Rouge
Si j’étais la feuille que roule
L’aile tournoyante du vent,
Qui flotte sur l’eau qui s’écoule,
Et qu’on suit de l’oeil en rêvant ;
Je me livrerais, fraîche encore,
De la branche me détachant,
Au zéphyr qui souffle à l’aurore,
Au ruisseau qui vient du couchant.
Plus loin que le fleuve, qui gronde,
Plus loin que les vastes forêts,
Plus loin que la gorge profonde,
Je fuirais, je courrais, j’irais !
Plus loin que l’antre de la louve,
Plus loin que le bois des ramiers,
Plus loin que la plaine où l’on trouve
Une fontaine et trois palmiers ;
Par delà ces rocs qui répandent
L’orage en torrent dans les blés,
Par delà ce lac morne, où pendent
Tant de buissons échevelés
Extrait de Victor Hugo, Les orientales
La bougie, inquiète, répondit :
« Non… si tu m’enflammes, je vais me consumer. Mes jours seront comptés. »
L’allumette resta silencieuse un instant, puis demanda doucement :
« Veux-tu vraiment passer ta vie ainsi ? Froide, figée… sans jamais briller ? »
La bougie baissa la voix :
« S’embraser fera mal… et je disparaîtrai peu à peu. »
« Oui, cela fera mal. Et oui, tu te consumeras », répondit l’allumette.
« Mais c’est pour cela que nous existons. Moi, pour t’enflammer… et toi, pour éclairer. »
La bougie hésita.
Puis, juste avant que la flamme de l’allumette ne s’éteigne, elle murmura :
« S’il te plaît… allume-moi. »
Alors la lumière naquit.
Une lumière chaude, vive, qui transforma la pièce.
La bougie avait compris que sa véritable valeur ne résidait pas dans le fait de rester intacte,
mais dans le fait de se donner, jusqu’à illuminer autour d’elle.
Parfois, offrir le meilleur de soi fait souffrir.
Mais c’est cette part que l’on donne qui change tout.
Peut-être que l’amour, au fond, c’est cela : accepter de brûler un peu de soi pour rendre le monde moins sombre.